Lettre d’anamour d’Ayerdhal

 Môssieur Yal Ayerdhal nous fait l’honneur de venir chez Bédéciné vendredi 10 à partir de 17h et vous sera présenté par Môssieur Jean-Marc Lahérrère.

C’est dans l’allégresse que nous retrouverons pour la troisième fois en nos murs le Yal deux fois lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire  (entre autres prix obtenus, beau palmarès) et dont on a particulièrement apprécié le dernier roman Bastards (Au Diable Vauvert), thriller mais pas que…
Signalons qu’à cette occasion Bédéciné est partenaire du 6ème Festival International des littératures policières organisé par Toulouse Polars du Sud : http://www.toulouse-polars-du-sud.com/category/festival-2014/

Yal 4
« Ayerdhal wants you ! »
photo de Christophe Schlonsok

Que ce soit dans la SF (Balade choreïaleLa Bohème et l’ivraieCybione et d’autres) , dans la fantasy décalée (Chroniques d’un rêve enclavé), l’utopie combattante (Demain une oasisRainbow warriors) et plus récemment dans le thriller (mais toujours avec du conjectural dedans : TransparenceBastards)  Yal se caractérise par une fiction politique et sociologique nullement assenée mais superbement servie par un sens de la narration captivant. J’ajouterais que je suis personnellement séduite par le fait que l’humain est prépondérant dans ses textes, dans son individualité comme dans son rapport à l’autre et qu’il y fait toujours la part belle à ses protagonistes féminins.

Yal nous offre ici une belle couche supplémentaire à notre Mille-Feuilles littéraire anniversaire avec une nouvelle publiée en son temps (1992) dans le n° 14 de la revue Planète à vendre.

 ayerdhal 1

La biblio du Yal sur nooSFere :
http://www.noosfere.org/icarus/livres/auteur.asp?numauteur=93&Niveau=Romans

 Lettre d’anamour

Eurosecteur, Lagrange IV,
Noctembre 2130.

Miel,

Voilà, mes servicitudes s’achèvent doucement, plus qu’un brin de pseujours et je gagnerai le transponteur pour un ixième voyage, le premier en trois ans qui ne nous éloignera pas.
Tu vois, je me sens moins cataffligée, moins amère (c’est comme si j’entresentais enfin la fin de nos tourments), pourtant je tuerais bien un bureaucrasse ou deux, tu sais ? Te promuter sur Phobos quand j’enspace pour Déimos ! Plus que Mars entre nous, une poignée de secs-lum et l’inventualité de se croiser, parfois, dans une base de terraformation, pour se frôlatrer du bout de la combinaison et s’embralascer du fond des casques, un an, deux ans peut-être encore… et dix mois de cryonef. Non, Miel, je ne me réjouis pas d’être expédimentée vers toi, je furrage qu’on nous opprive encore d’exister, à défaut de convivre.

D’obsavoir que, comme nous, une foultitude de technudiants et de scientalistes sont contrevaints d’impleurer les commissions adminiscrates pour quelques miettes d’humanité ne me trancalmise pas ! Si la mornitude du normidien est intoléniable pour tout le monde, c’est que les désespérados ont raison et qu’il vaut mieux laisser mourir notre civilistation que d’inexister pour elle. Oh, je t’en prie, Miel, prouve-moi encore qu’ils ont tort ! Révermeille tous ces rêves que mon sommeil a perdus. Je n’ai plus l’efforce de paradmettre les injustristes que notre amour endure.

ça passera, ça passe, ne t’enquiète pas. C’est juste une dépravession passagène, une petite bouffée d’aigreleur contre la forminable intranxigence de la machine sociale, rien qui ne doive te désistraire du travail sensactionnel que tu effectruques là-bas.
Et puis j’alangoisse un peu d’hibernager si longtemps. J’alangoisse de ne pas être à la hauteur, aussi. Je redéroute ton regard.

Si tu voyais le peu de formes que m’ont laissées deux ans d’impesanteur ! Et ce sera pire après dix mois de sustansion cryonique ! Je ne sais pas à quoi toi tu ressembles (il paraît que vous avez le meilleur compensateur gravifique du système), mais ne t’imagine pas qu’il me reste une once d’encharme : je démesure deux mètres et je pèse cinquante kilos-graviterres.
Je débouloque, pardonne-moi. À tempester contre ce nouveau retard, je ne fais qu’étaler ma peur de l’obsavoir si exespèrément prochain.
Quel âge avions-nous, Miel ?

Je t’aime comme tes lettres disent que tu m’aimes, plus que je n’ai osé l’écrire, plus que nous ne l’avons vécu, mais qu’aimons-nous vraiment l’un de l’autre ? Moi je sais par tes mots, par la médiatribation de tes recherches et par nos amis qui t’ont suivi, que, si tu as grandivolué, tu es resté le même. Mais toi ? Que connais-tu de moi aujourd’hui ?
Ne promeste pas, je te désenchangerai aussi sûrement que ces mêmes amis m’évictent. Et je ne suis pas persuadée d’avoir consergavé suffiablement de forces pour te reconquérir.
Tout ce que je veux donner pour toi est peut-être insufficient.
Il fallait que ce fût dit.

Miel, ne me désaime pas.

A propos de Ktimartin

- Spécialiste du rayon Littératures de l'Imaginaire - Membre du jury du Prix Bob Morane - Ancien membre du jury du Prix Julia Verlanger - Ancien membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire

2 commentaires à propos de “Lettre d’anamour d’Ayerdhal”

  1. Rétroliens : Nouveaux arrivages au Rayon SF & Cie mars 2015 II | Librairie Bédéciné

  2. Rétroliens : Nouveautés au Rayon SF & Cie janvier 2016 IV – Librairie Bédéciné

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